Maatroom — Turin, le minimalisme à la commande
À Turin, via dei Mille, la maison tient sur trois niveaux : les vêtements au rez-de-chaussée, l’accueil des clients au premier, l’atelier de couture au deuxième. En bas, l’acier et les surfaces réfléchissantes n’ont qu’une fonction, renvoyer la lumière sur les pièces. C’est ici que Maatroom dessine ses vêtements et les produit, un par un, à la commande.
Giulia Soldà a fondé la marque en 2016. Le nom assemble Maat, la notion égyptienne d’ordre et d’équilibre, et room, la pièce. Le reste tient en peu de mots : des formes ramenées à leur géométrie, une palette de noir, de blanc et de gris anthracite, des tissus italiens, des collections désignées par un nom et un numéro plutôt que par une saison.
La sélection arrive chez nous par Vetro, notre boutique sœur à Turin : neuf pièces, en noir et en gris anthracite.

Nouer, plisser
Tout commence par un geste simple : nouer. Le kimono Kim en garde l’essentiel : le devant croisé, le col en bande qui descend jusqu’à la ceinture, les larges manches carrées. Une ceinture nouée le ferme à la taille ; au dos, une série de plis part du col et donne l’ampleur sans rien ajouter. Porté ouvert, c’est une veste ; ceinturé, la silhouette se resserre à peine. Il est coupé dans un sergé de coton biologique certifié GOTS, noir, en taille unique.

La veste Musubi reprend le même sergé biologique GOTS pour une coupe de travail ample, fermée par des brandebourgs, ces boucles de passementerie qui tiennent lieu de boutonnières. Le blouson Uiji, lui, se boutonne jusqu’au col montant : coton double dense, doublure en coton, poche passepoilée. Deux façons de fermer une veste, deux tenues du tissu.

Le poids des matières
Le gris anthracite vient d’un denim italien délavé. Il donne au manteau long Maxime sa longueur et son allure : fentes profondes, ceinture amovible, manches larges retenues par des revers. La veste Kizuna, dans la même toile, se règle à la fermeture et s’ouvre sur de grandes poches plaquées. Le pantalon Tomoe pousse plus loin l’idée du réglage : ses panneaux superposés et modulables autorisent deux tombés, tenus par des liens en tissu.
En noir, le pantalon Ryoma ramène la ligne vers le tailleur : double pince devant, jambe large, poches passepoilées au dos, bas à revers, 100 % laine froide italienne (cool wool). C’est lui qui tient les volumes du haut.

Dessous, deux jerseys noirs : le t-shirt Izanaghi, brodé, en jersey dense, avec ses manches à goussets ; le t-shirt Edo, court et ample, en jersey doux. Toute la ligne repose sur une base oversize et trois tailles, 1, 2 et 3 : on choisit une ampleur plutôt qu’une mesure.
À la commande
Chez Maatroom, une pièce n’est produite qu’une fois commandée. La marque y voit sa manière d’être responsable, envers l’environnement comme envers celles et ceux qui fabriquent. Sa designer parle d’une mode lente, « faite de justes attentes ». Les fournisseurs sont choisis pour leur spécialité, jusqu’au choix d’un bouton. « Des vêtements pensés pour rester », résume Giulia Soldà.

Les neuf pièces sont chez Vetro, notre boutique sœur à Turin. Les photos de campagne de cette page sont celles de la Men’s collection — Edit #01 de Maatroom : elles montrent l’univers de la maison, pas forcément les modèles de la sélection. Ci-dessous, les neuf pièces de la sélection, portées. Collection MAATROOM.
Kimono Kim
Blouson Uiji
Veste Musubi
Manteau long Maxime
Veste Kizuna
T-shirt Izanaghi
T-shirt Edo
Pantalon Ryoma
Pantalon Tomoe
Photos : Silvia Mangosio, campagne Men’s collection — Edit #01 (direction artistique Stefano Cordola, mannequins Paolo et Federico). Détails : Maatroom. Visuels portés des pièces : ADG Studio.