YMC AW26 — Un uniforme en couches
Londres, 1995. Fraser Moss et Jimmy Collins lancent une marque à contre-courant de l’époque : pas de logo en grand, pas de streetwear de skate, des vêtements simples, faits pour servir et pour durer. Ils l’appellent YMC.
Les trois lettres viennent d’une phrase du designer industriel Raymond Loewy : « You must create your own design style », il faut créer son propre style. You Must Create, c’est à la fois une devise et une consigne.
Moss, venu du pays de Galles, avait passé cinq ans chez Vivienne Westwood ; Collins avait appris le commerce dans les boutiques de ses parents, au centre de Londres. Fraser Moss est mort en 2023. Depuis 2024, Sage Toda-Nation dirige la création et s’inspire des premières collections.

D’abord la chemise
Pour l’automne-hiver 2026, YMC part d’images d’origine, de pièces d’archive, de recherches de matières et d’instinct. Des formes connues reviennent dans de nouveaux tissus, de nouvelles silhouettes apparaissent. Le lookbook empile chemise, maille et veste jusqu’à former des uniformes. On peut suivre le même ordre.
Pour femme, la Chemise Marianne a un col en deux pièces et des poignets fermés par une bride. On la boutonne jusqu’en haut pour qu’elle tienne sous un pull. Elle existe en popeline de coton biologique noire et en carreau marron effiloché, coton et laine. Pour homme, la Chemise Curtis, en popeline noire, garde une poche poitrine plaquée et se rentre dans le pantalon.

Puis la maille
Par-dessus, une maille. Le Pull Suedehead est tricoté sans couture en Écosse, dans un lambswool brossé. Ses manches raglan le font glisser sur la chemise sans épaissir les épaules.
Le Pull col montant Runaway Neck, en mérinos japonais, marron foncé, se porte col relevé jusqu’au menton ou ouvert sur la chemise : une patte à boutons, au quart, permet les deux. Les bords sont roulés, la coupe carrée.

La veste en dernier
La dernière couche est celle qu’on voit de loin. La Veste Harrison, en melton de laine chiné marron, s’évase en A ; un plastron amovible se boutonne sous le menton quand le vent se lève. La Parka 96, bleu marine, en nylon déperlant, a le dos allongé des parkas fishtail : on serre les cordons à la taille et à l’ourlet.
La Veste Bonehead, grise, doit son nom à Paul « Bonehead » Arthurs, le guitariste d’Oasis. Elle part d’une parka YMC des années 1990, raccourcie à la hanche. On remonte la capuche, on serre les cordons de l’ourlet.

Plus nette, la Veste Like A est un blazer droit, coupé ample dans une laine de costume portugaise. La Surchemise Blackout, en popeline noire, cache son zip sous la patte ; ouverte, elle tient lieu de veste légère.
Deadbeat, porté large
Sous ces couches, le Pantalon Deadbeat. Taille haute, pinces devant, il tombe en arc jusqu’à la cheville. On boutonne la ceinture haut sur la chemise rentrée, on retrousse le bas sur une chaussure épaisse, et on le laisse flotter. Pour femme, il existe en Prince de Galles marron et en twill de coton biologique noir ; pour homme, en coton-lin noir.

L’ensemble tient dans une palette courte : marron foncé, taupe, noir, bleu marine. D’une silhouette à l’autre, les pièces s’échangent ; c’est tout le principe de l’uniforme. Aux pieds, YMC poursuit ses collaborations avec Merrell 1TRL et Grenson.

La sélection YMC AW26 est chez ADG Studio, 15 rue de la Poste à Grenoble, et en ligne. Les quantités sont courtes : une ou deux pièces par taille. Ci-dessous, neuf pièces de la sélection, portées. Collection YMC.
Chemise Marianne
Chemise Curtis
Pull Suedehead
Pull Runaway Neck
Veste Harrison
Parka 96
Veste Bonehead
Veste Like A
Pantalon Deadbeat
Photos : YMC — campagne AW26 par Alexander Ingham Brooke (avec Daniel, Alex et Amy) ; campagne Pre-AW26 par Peter Butterworth, à Londres (avec Ariane et Godwin) ; lookbook Autumn Winter 2026, YMC. Visuels portés des pièces : fiches produits.